Passer à la Trappe

En approchant d’Argentan (dans l’Orne) les couleurs sombres des maisons et des toits font place  à un calcaire clair, ou à de la brique et des tuiles, montrant que nous avons quitté le massif armoricain pour le bassin parisien.

A la gare d’Argentan, Thomas et moi nous muons, inopinément, en comité d’accueil d’une famille (mari, femme et fils de quatorze ans) qui achève,  à l’instant même, un tour du monde de trois ans ! Autant vous dire : un moment d’intense émotion, et un débordement d’enthousiasme et de foi en l’humanité accueillante, sous toutes latitude, culture, religion, et modicité des moyens matériels.

Je me dirige ensuite, à nouveau seul, en pénétrant dans le Perche (superbes paysages vallonnés et intimistes) :

vers le monastère de la Grande Trappe, lequel a donné son nom (à la suite d’un retour, au XVIIème siècle,  à la stricte observance de la règle cistercienne) à toutes les abbayes de trappistes et de trappistines  (avec ou sans bière). Les bâtiments de l’abbaye, où je passe deux nuits, sont, toutefois plus récents et sans intérêt. Je vous partage, néanmoins, alors que je débouchais sur ceux-ci, ces bandes de couleur qui, pour différentes raisons, m’évoquaient Anne et me faisaient comme un signe de sa part à mon arrivée ici :

Et je profite aussi (à nouveau), de ce post, pour vous remercier de vos pensées,  de vos messages et commentaires, qui me font du bien et m’encouragent.  Mes pensées vous accompagnent aussi.

Jacques, le 30/06/17

Basse Normandie

A partir du Mont-St-Michel, Thomas et moi avons la bonne fortune d’emprunter, les deux premiers jours, une voie verte (ancienne voie ferrée aménagée en piste cyclable)  ce qui nous vaut des pentes quasi insensibles et une tranquillité complète, au travers de cantons structurellement éloignés des toute agitation, voire d’un autre âge parfois, comme en témoigne ce genre de panneau de signalisation soigneusement entretenu dans l’Orne :Ce bas de la Basse-Normandie réserve,  néanmoins de belles surprises : le grand marché du mercredi à St-Hilaire du Harcouët, avec son carré de vendeurs d’animaux de basse-cour vivants, et la distilleuse de calvados qui nous offre l’apéritif ;  le relief, soudain très escarpé,  de Mortain dans lequel deux ruisseaux ont creusé d’étonnantes gorges (on est toujours bien dans le massif armoricain) ; puis Domfront, dont le très beau quartier ancien (dans le prolongement des ruines d’un grand donjon médiéval) recèle une église d’avant-garde des années 1925-1935, en béton et mosaïques dans le style romano-byzantin qui est, ma foi, très réussie et mérite un grand détour :20170628_184306

28 juin

Jacques, le 28/06/17

Baie du Mont-St-Michel

A St-Malo, j’ai la grande joie de retrouver mon fils Thomas qui vient faire quatre jours de vélo avec moi. Nous longeons ainsi la côte de l’Ille et Vilaine où, à  partir de la pointe du Grouin  (juste au nord de Cancale) se dessine, au loin la silhouette du Mont St-Michel. Nous rapprochant de celui-ci, nous campons,  à l’improviste,  dans une cour de ferme abandonnée du Marais de Dol :

Puis, franchissant le Couesnon, nous passons de Bretagne en Normandie :

Les abords du Mont-Michel ont été, on le sait,  fortement réaménagés pour lui rendre son caractère maritime (barrage « entrant/sortant » sur le Coueson) ; ce site est vraiment saisissant :

Jacques, le 27/06/07

Faire Dinard – St-Malo à vélo c’est pas de la tarte.

Après un WE chez des amis à Erquy (son port, son cap et ses multiples plages, et une dernière baignade matinale dans l’eau tonifiante de la Manche), je me dirige vers St-Malo, en passant par Dinard, dont les villas les plus prestigieuses ont un point de vue non moins prestigieux sur St-Malo : 

Ensuite, l’unique passage de Dinard à St-Malo, par l’usine marémotrice de la Rance, est une quatre voies, éprouvante pour les vélos. Le lobby bobo-vélo-chic (qui ne doit,  pourtant, pas manquer de représentants par là) n’a pas encore eu raison de ce point dur.

Jacques, le 26/06/17

J’aime pimpoler sa falèze

De passage à Paimpol, permettez-moi cette petite blague du défunt Pierre Etaix (cousin d’une de mes tantes) : « Quand j’étais enfant j’aimais chanter ‘J’aime pimpoler sa falèze‘ que je trouvais coquin. Maintenant, quand on chante : ‘J’aime Paimpol et sa falaise’, je trouve ça con ».

Cette vielle chanson garde toutefois un certain mystère du fait que (je vous le confirme de visu) il n’y a pas la moindre falaise à Paimpol…

Jacques, le 23/06/17

Tréguier

L’ancienne cathédrale de Tréguier et son cloître, agrémentés d’une belle lumière du soir et du petit concert d’une chorale (fête de la musique) me font une très grosse impression : 20170621_CloîtreTréguiers

On peut apercevoir, en haut de la flèche : un carreau, un trèfle et un coeur. On m’indique que celle-ci a été élevée, sous Louis XVI qui, pour la financer, a autorisé d’affecter une partie de l’impôt sur les jeux de hasard. Quel mélange !

Tréguier est la patrie de St-Yves, patron, toujours très honoré, des hommes de loi, et d’Ernest Renan, auteur de deux ouvrages fameux : « Qu’est-ce qu’une nation ? » et « La vie de Jésus ». D’une certaine façon, deux sujets qui me sont, aussi, des questionnements récurrents et importants, depuis longtemps, et tout particulièrement au long de ce tour de France.

Jacques, le 21/06/17

Drôle de guerre

Un peu à l’est de Perros-Guirrec, je fais une halte à Port-Blanc : baignade (dans une eau exceptionnellement tiède pour cette côte du nord) et commémoration : c’est ici que la famille de ma maman a été accueillie, fuyant Hazebrouck, lors de la débâcle du printemps 1940 :

20170621_VuePortBlanc1A seize ans, c’était un lieu de villégiature comme ni elle ni ses frères et soeur n’en avaient jamais connu ; ils n’avaient aucune envie de rentrer dans le Nord.

Jacques, le 21/06/17

De plus en plus fort

Continuant ma route, je fais un simple crochet par Carantec dont j’entendais parler dans mon enfance : une cousine de mon père y passait des vacances, tous les hivers, à pêcher en haute mer sur un chalutier. Or, bien plus qu’un très modeste port de pêche, faisant face à St-Pol de Léon et Roscoff :20170620_Carantec2c’est une péninsule qui offre 14 km de plages et de criques fabuleuses, au débouché de la rivière de Morlaix.
Celle-ci, qui s’enfonce ensuite vers l’intérieur de la Bretagne (ici à marée haute) :20170620_RivièredeMorlaix

amène donc à Morlaix, bien en amont, petite ville qui présente la particularité d’être traversée, en son plein milieu, par un viaduc qui jouxte, et surplombe de haut, le clocher de l’église principale :20170620_ViaducMorlaix

et qui fait fièrement face à la mairie sur la place centrale. Pique-niquer là, près du kiosque à musique très « IIIème république », en voyant passer, tout en haut, un TGV, n’est pas complètement rassurant…

Jacques, le 20/06/17

 

Trois flèches

Au nord de Brest, on est dans le Léon. Les léonards ont la réputation d’être avares et grippe-sous : c’est ce que m’ont dit, eux-mêmes, avec gestes à l’appui, deux gars croisés à l’occasion d’une fête de village, sur le chemin de St-Pol-de-Léon.

Etait-ce le cas jadis ? On peut se le demander quand on voit surgir, au dessus de cette modeste  (mais ancienne) petite ville, trois grandes flèches gothiques :  les deux de l’ancienne  (et imposante) cathédrale, et celle qui coiffe la chapelle ND du Kreisker, qui donne l’impression d’être trois fois plus haute que celle-ci (ce serait la plus haute de Bretagne) :20170619_NDKreisker

St-Polde-Léon est tout proche de Roscoff,  qui est aussi une ville de fort caractère ; et toute cette partie de la côté nord de la Bretagne est, en plus parsemée de rochers, d’îlots et de petites îles, comme celle de Batz que l’on voit ici depuis une des plages de Roscoff :

20170619_IledeBatz(1)

Jacques, le 19/06/17.

Terre et mer

Le Finistère, où j’évolue ces jours-ci, offre une densité incroyable de villages remarquables. Ceci ajouté à la végétation (bien arrosée) et au relief (bien marqué) des petites routes, n’est pas sans me rappeler la Corrèze. .. sauf que s’y ajoutent des bras de mer qui pénètrent partout. Exemple avec cette vue en descendant (raide) sur Locronan (l’un des  plus beaux de ces villages) avec le fond de la baie de Douarnanez (sur la gauche) :

20170616_Locronangénéral1

20170616_PlaceLocronan2

C’est tout particulièrement le cas de la presqu’île Crozon, où j’ai campé deux nuits avec des amis (près de Camaret) : je vous invite à regarder,  attentivement, une carte de celle-ci pour constater combien mer et terre s’interpénètrent, en particulier pour former la rade de Brest. Ce sont des panoramiques époustouflants (tout cela avec un ciel et une mer d’un bleu incroyable) que, malheureusement, mes photos ne pourraient rendre que bien faiblement.
Jacques, le 18/06/17